Commémoration du 10 mai

Comme tous les ans, la Fondation a commémoré le retour des cendres du Maréchal Lyautey aux Invalides à Paris.

Discours de Claude Jamati Invalides

Mot d’accueil aux personnalités civiles et militaires présentes et représentées :

La mairie du 7ème arrondissement de Paris représentée par la Maire adjointe Josiane Gaude , Dominique Potier, Député Meurthe et Moselle, l’ambassade du Maroc représentée par Nadia Zakari, ministre plénipotentiaire, le Président du Souvenir Français représenté par Serge Mucetti, Délégué de Paris, la Koumia, représentée par son vice-président Louis Jean Duclos et Martine Dubost, Thierry Le Cam, Président du Réseau Baden Powell (scoutisme)

Le Général de Saint Chamas, Gouverneur des Invalides, le gouverneur militaire de Paris représenté par le lieutenant-colonel, chef de cabinet adjoints, un détachement du 1er régiment de spahis de Valence dont une trompette et plusieurs porte-drapeaux deux porte-drapeaux de la corniche Gouraud (lycée Stanislas)

3 gerbes ont été déposées : Mairie du 7ème, Koumia, Fondation Lyautey

Tout d’abord, je vous remercie sincèrement d’avoir répondu à notre invitation et d’être présents aujourd’hui pour cette cérémonie annuelle rendant hommage au Maréchal Lyautey.

Mon propos s’articulera autour de 4 axes : l’homme et les liens France Maroc, son héritage et son patrimoine, le rôle de la Fondation Lyautey, et enfin la signification de cette commémoration

L’homme et les liens France-Maroc

Le Maréchal Lyautey, né à Nancy en 1854 et mort en 1934 à Thorey-Lyautey, était un militaire ayant effectué une brillante carrière en France et Outre-Mer. Mais, comme il l’a dit :

« Celui qui n’est que militaire n’est qu’un mauvais militaire, celui qui n’est que professeur n’est qu’un mauvais professeur, celui qui n’est qu’industriel n’est qu’un mauvais industriel. L’homme complet, celui qui veut remplir sa pleine destinée et être digne de mener des hommes, être un chef en un

mot, celui-là doit avoir ses lanternes ouvertes sur tout ce qui fait l’honneur de l’humanité. »

Lyautey fut un exemple, un symbole et une référence. Il fut tour à tour et tout à la fois soldat, pacificateur, diplomate, administrateur et urbaniste, écrivain et protecteur des arts et dans tous les cas un phare pour la jeunesse, notamment comme président d’honneur de toutes les fédérations du scoutisme en France. Et ces qualités, il les a particulièrement mises en valeur, alors qu’il fut premier résident général de France au Maroc de 1912 à 1925 à la suite de la signature du traité de protectorat avec le Maroc. Là-bas, dans une conjoncture parfois difficile, il jette les bases du Maroc moderne, tout en respectant son Sultan, ses traditions, sa religion, son patrimoine culturel et architectural. Clairvoyant, il va doter le pays des infrastructures indispensables à son évolution économique et sociale avec le dessein avoué de l’amener à l’indépendance dans les meilleures conditions. Il a toujours privilégié ce qui unit plutôt que ce qui divise. Comme me l’a dit un ami Marocain, ton oncle Hubert, il a fait du « développement durable ».

Inès Lyautey, son épouse, femme d’exception, fut un soutien solide et une des pionnières de l’action humanitaire, au Maroc et en France. Nous lui avons rendu hommage à Thorey-Lyautey à l’occasion de la journée internationale des droits

de la femme, lors de l’inauguration de sa tombe.

 d’amitié France-Maroc, pays où j’ai travaillé et que j’aime. Ces liens, ils ont bien besoin d’être

Je m’inscris dans la continuité de ces liens forts

Son héritage et son patrimoine

L’héritage de Lyautey est toujours d’actualité, tant au niveau de ses idées que des actions qu’il a conduites. Nous nous appuyons en particulier sur le patrimoine Lyautey que constituent le château de Thorey-Lyautey, près de Nancy et les collections qu’il accueille. Ce lieu est à mon sens un lieu symbolique où doivent être cultivés les liens France Maroc dont j’ai parlé. Le château de Thorey- Lyautey est une parcelle de Maroc en France

Notre mission

Faire vivre la mémoire et l’œuvre du Maréchal Lyautey, c’est la mission de la Fondation Lyautey et de l’Association nationale Maréchal Lyautey, que je préside. Rappelons que la Fondation et l’association doivent leur existence à un homme, le Colonel Pierre Geoffroy, mon prédécesseur qui m’a demandé de reprendre le flambeau. Il a fait en sorte que le Château soit acheté par la Fondation en 1980. Gérée par les bénévoles engagés et motivés qui m’entourent et que je remercie chaleureusement, elle rassemble plusieurs centaines de membres. Nous appliquons notre feuille de route : « communiquer/rassembler, restaurer, financer ».
Nous c’est notre bureau exécutif : Alain Vauthier, le Général Paulus, Patricia Geoffroy, Jean-Pierre Arbey, Daniel Lecomte, et Philippe Grange, ainsi que des membres actifs de notre conseil d’administration comme Serge Mucetti et Arnaud de la Motte Rouge.

En 2022 et 2023, la mémoire de Lyautey et celle de son épouse furent et seront honorées à de nombreuses reprises depuis notre précédente cérémonie aux Invalides :
– 13 mai 2022, 110ème anniversaire de l’arrivée de Lyautey à Casablanca par la porte de la Marine et même itinéraire que pour les premiers pas du résident général, 100ème anniversaire du lycée Lyautey, établissement d’enseignement secondaire le plus important dans le monde (8600 élèves). – 14 juillet 2022, célébration du 100ème anniversaire de la remise de son bâton de maréchal à Lyautey par Alexandre Millerand, président de la République, décédé le 6 avril 1943, Millerand qui a joué un rôle essentiel dans la carrière de Lyautey, et inauguration de la salle Lyautey au consulat général de France à Casablanca ainsi que dévoilement d’une plaque commémorative.

– 19 octobre 2022 : 100ème anniversaire de la pose de la première pierre de la Grande mosquée de Paris, construite sous l’impulsion du Sultan Moulay Youssef et Lyautey.
– début mars : visite au Lycée Militaire d’Aix en Provence et au 1er régiment de Spahis : les liens sont renoués.

– début 2023 : élagage des arbres dangereux du Parc, préparation de dossier pour la prochaine tranche de travaux.
– 9 mars 2023 : conférence sur Mme Lyautey par Marie José Chavenon. au Souvenir français.
– 10 mars : cérémonie au château et au cimentière de Thorey-Lyautey pour la restauration de la tombe de Mme Lyautey avec présence du Secrétaire Général de la Préfecture, du Consul Général du Maroc, du Président général du Souvenir Français, du Directeur de la Croix-Rouge et de nombreux élus

– Juin 2023 : mise en ligne du nouveau site internet www.lyautey.fr
– 9 juillet : assemblée générale de l’ANML. Plaque rendant hommage au Colonel Geoffroy.

Notre bulletin « Présence de Lyautey » parait 3 fois par an, avec à chaque fois un dossier spécial. Nos partenariats avec le Souvenir Français et avec le réseau Baden Powell vivent. D’autres sont en cours de montage : 1er Spahis, lycée militaire d’Aix et Académie du Royaume du Maroc. Notre Fondation s’active enfin pour mobiliser plusieurs acteurs autour d’un projet culturel que nous avons initié.

Signification de cette commémoration

Les cérémonies organisées par les gouvernements français et marocain pour le transfert des cendres du Maréchal Lyautey, depuis le mausolée de Rabat, où il reposait depuis 1935, pour Paris, sont initiées le 22 avril 1961. Leur point d’orgue est l’inhumation provisoire à l’Hôtel national des Invalides dans la crypte des gouverneurs de la cathédrale Saint-Louis, puis l’inhumation définitive dans le sarcophage le 22 mars 1963.

La cérémonie présidée par le Général de Gaulle eut lieu le 10 mai 1961. La Fondation Lyautey et l’Association nationale Maréchal Lyautey, ont choisi cette date pour, chaque année à Paris, rendre hommage au Maréchal et commémorer son souvenir. Rappelons que cette statue de Lyautey, sa première statue en France fut érigée en 1984 au cœur de Paris pour le 50ème anniversaire de sa mort par l’Association et la Fondation Lyautey et que la ville de Paris a financé 50% de son coût. La cérémonie d’aujourd’hui est un symbole fédérateur de toutes celles et tous ceux qui restent attachés au Maréchal, à son action exceptionnelle ainsi qu’aux liens d’amitié et de fraternité qui lient la France et le Maroc pour construire l’avenir et mieux vivre le temps présent.

Discours de Serge Mucetti Dôme des invalides

Ancien consul général de France à Rabat et encore récemment consul général de France à Casablanca, c’est pour moi un grand honneur de me trouver aujourd’hui, en ce lieu, en ma double qualité d’administrateur de la Fondation Lyautey et de délégué général du Souvenir français de Paris.

Que pourrai-je ajouter aux propos de notre président ? si ce n’est qu’il y a 60 ans, le 22 mars 1963, la dépouille mortelle du maréchal Lyautey était remontée du caveau des gouverneurs où elle se trouvait depuis le 10 mai 1961, pour recevoir sa sépulture définitive.

Curieuse errance en vérité qui trouvait ainsi son terme en ce maussade matin de printemps, comme aujourd’hui, avec cette troisième mise au tombeau, après pas moins de dix services funèbres et deux traversées de la Méditerranée. Elle quitte le voisinage de Franchet d’Espérey, Fayolle et Maunoury pour rejoindre celui de Foch. Car, depuis le rétablissement de la dignité de maréchal de France en 1916, une loi du 27 mars 1929 permet à ses titulaires d’être inhumés aux Invalides sauf avis contraire de leur famille, ce qui est notamment le cas de Joffre.

Monsieur le Maréchal, veuillez, pardonner mon audace et la liberté avec laquelle je m’adresse à vous. Je devine votre fureur à vous trouver sous ces voutes. Car, à en croire Maurice Martin du Gard, vous vous seriez un jour écrié : « Je ne veux pas dormir à la métropole. Pour les Invalides, jamais ! Il y a trop de mauvaises rencontres. Je déteste Napoléon. J’appartiens au duc d’Enghien. Si Rabat décidément m’est refusé, jetez-moi à la mer. »

Mais, « solutionniste » dans l’âme, vous portez trop haut le sens du devoir pour vous dérober. La proximité de votre ami Foch, grand admirateur de l’Empereur qui lui dédia des mots inoubliables lors du centenaire de sa mort en 1921, a dû vous mettre du baume au cœur, à vous qui avez été contraint de vous plier au rite de l’éloge de votre prédécesseur à l’Académie française, Henri Houssaye, un des plus célèbres historiens de l’Empire de son temps, à vous qui avez partagé de longues années avec votre épouse, très attachée à la famille impériale, à vous qui avez habité de longues années au 5 rue Bonaparte.

Si vous goûtez peu les honneurs rendus à la mémoire de l’Empereur le 5 mai de chaque année, comme nous l’avons fait vendredi dernier, sans doute avez-vous été réconforté par la présence du comte et de la comtesse de Paris en ce 22 mars 1963 dont vous avez fréquenté la famille dans son exil de Larache, venus vous témoigner l’affection de la Maison de France.

Aux Invalides, vous prenez naturellement place dans le prestigieux cortège de braves, comme Turenne, Vauban, Marceau, Bertrand, Duroc et bien d’autres, qui ont forgé l’éternelle gloire des armes de la France.

Le 22 mars 1963, Saint-Cyriens et Spahis vous rendent les honneurs devant un brillant parterre composé de vos compagnons d’armes, d’officiers généraux, de vos collègues de l’Académie française, d’ambassadeurs dont ceux du Maroc, du Vietnam et de Madagascar qui assistent à cette cérémonie insolite de six légionnaires introduisant votre cercueil dans son enveloppe de bronze décorée de rameaux d’olivier et non de chêne.

Sur les côtés, figurent deux des citations déjà inscrites sur le piédestal monumental de votre statue, dans le parc du consulat général de France à Casablanca, que j’ai eue sous les yeux ces trois dernières années.

La première

La première, en français, est extraite d’une lettre adressée à Antonin de Margerie, le 15 août 1896 « être un de ceux auxquels les hommes croient, dans les yeux desquels des milliers d’yeux cherchent l’ordre a la voix desquels des routes s’ouvrent des pays se peuplent des villes surgissent » (En vérité lorsqu’il écrit ces lignes, Lyautey est en proie aux incertitudes et au doute. Car à quarante-deux ans, il piaffe et ronge son frein, déçu de n’avoir encore pu encore donner sa pleine mesure. Or, comme le dit Arnaud Teyssier, un des meilleurs biographes de Lyautey, isolée de son contexte, amputée de son début et de sa suite, la signification de la phrase s’inverse : elle exprime la satisfaction du proconsul bâtisseur d’empire qui, au faîte de sa puissance, n’a qu’un geste à faire pour faire jaillir le progrès).

La deuxième

La deuxième, en arabe, est tirée du discours prononcé « au congrès des hautes études marocaines, à Rabat, le 7 décembre 1922, : « Plus je fréquente les indigènes plus je vis dans ce pays plus je suis convaincu de la grandeur de cette nation » (C’est une déclaration d’amour au Maroc, une allégeance morale à ce pays où Lyautey a laissé son âme, son cœur, la partie la plus précieuse de lui-même et auquel son nom est attaché à jamais).

L’extrême sobriété de ce tombeau, œuvre d’Albert Laprade, architecte de renom qui a façonné le paysage urbain du Maroc en particulier celui de Casablanca, n’a rien de commun avec ceux qu’on voit dans cette Cathédrale des armées. Cette sépulture a la simplicité et l’austérité des tombes musulmanes qui, sous l’effet des saisons et du vent, se confondent peu à peu avec le sol et disparaissent.

Monsieur le Maréchal, le seul vent auquel vous pourriez être sensible sous ces voûtes construites sous Louis XIV, ce vent qui chante les louanges des héros de notre histoire, ce souffle puissant, irrésistible, venu du fond des âge, Monsieur le Maréchal, ce vent est le souffle de l’histoire.

Hamdoulillah.

Visionnable sur le lien suivant (en allemand)

La journaliste Elisa Teichmann est venue au château pour faire un reportage culturel sur le château de Thorey-Lyautey. Ce court reportage fut diffusé le 27 mars 2023.

La cérémonie a eu lieu en ce jour du 10 mars à 15h, initialement prévu le 7 mars.
Le Souvenir Français et la Fondation Lyautey ont rendu hommage aux courages de toutes les infirmières de guerre à travers la mémoire d’Inès Lyautey.

Ce 9 mars 2023, une conférence sur Inès de Bourgoing, celle qui fut la compagne du Maréchal Lyautey, aura lieu au siège du Souvenir Français à Paris.

En ce 12 décembre, nous pouvons parler de quelques événements récents liés à Lyautey.

Conférence-débat du lycée Lyautey de Casablanca

Le 12 décembre 2022, l’association des anciens du Lycée Lyautey de Casablanca a organisé une conférence-débat avec pour thématique « Moulay Youssef, Lyautey et la Grande Mosquée de Paris ». Cette conférence fut animée par le professeur Jean-François Clément.

Lors d’une conférence à Casablanca animée par le professeur Jean-François Clément, la genèse de la Grande Mosquée de Paris a été abordée. Il a été souligné que la paternité de cet édifice est souvent revendiquée à tort par l’Algérie. La conférence a mis en lumière les rôles clés du maréchal Lyautey et du sultan Moulay Youssef dans sa naissance. Pour contrer la propagande allemande, la première véritable mosquée de France a été construite à Nogent-sur-Marne en 1916. En 1920, la construction de la Grande Mosquée de Paris a été confiée à Abdelkader Ben Ghabrit avec pour objectifs de mieux faire connaître la culture musulmane et de payer la dette envers les soldats musulmans ayant combattu pendant la Première Guerre mondiale. Inaugurée en 1926, cette mosquée reflète l’artisanat marocain dans son architecture et sa décoration.

Publications en lien avec Lyautey

On peut souligner la présence de plusieurs brèves dans l’Est Républicain dans l’année, d’un article dans le magazine néerlandophone MO et un chapitre « Lyautey-Foucauld » dans le hors-série « Charles de Foucauld, une voix dans le desert » du Figaro Magazine.

Dans cet article de Martine Cornevaux, le sujet traité est l’exposition portant sur Théophile Jean Delaye.

L’origine du lien entre Hubert Lyautey et Théophile Jean Delaye

« Plus je vis au Maroc, plus je suis persuadé de la grandeur de ce pays » déclara Hubert Lyautey (1854), Maréchal de France. Résident Général de France au Maroc, Lyautey jette les bases du Maroc moderne tout en respectant son sultan, ses traditions, sa religion, son patrimoine architectural et culturel. Clairvoyant, il va doter le pays des infrastructures indispensables pour son évolution économique et sociale avec le dessein avoué de le mener à son indépendance dans les meilleures conditions. Hubert Lyautey savait toujours s’entourer des meilleurs. En 1924, il fait appel à Théophile Jean Delaye, officier topographe, pour cartographier le Maroc.

– Entrée Musée de Valence Brigitte Seux Delaye & Martine Cornevaux

Théophile Jean Delaye à sa table de travail, 1950.

Qui est Théophile Jean Delaye ?

Natif de Valence dans la Drôme, passionné des Alpes, notamment du Massif des écrins, Théophile Jean Delaye est engagé volontaire en 1914 dans le 22° bataillon des chasseurs alpins, corps d’élite spécialisé dans le combat en milieu montagnard. La guerre pousse l’armée à recruter de nombreux topographes, c’est ainsi que Théophile Jean Delaye réalisera toute sa carrière en tant que topographe militaire, d’abord en France puis en Tunisie et au Maroc en 1924.

Son activité au Maroc, où son apport est essentiel dans la mise en carte du pays alors sous Protectorat français, l’amène à prendre des responsabilités au sein de la société de géographie marocaine et la section du club alpin français pour lesquels il réalise des articles et illustrations. Son métier nourrit une production artistique personnelle qui restitue une vision iconique du Maroc à travers les souks et les kasbahs berbères du Sud. Travailleur acharné, cet exigeant modeste et idéaliste a peint les deux côtés de la méditerranée pendant près de 35 ans. Sa famille a décidé de le sortir de l’ombre tant sa production et son engagement étaient dignes d’être présentés au grand public.


Théophile Jean Delaye, un arpenteur du XX° siècle

L’exposition au Musée de Valence du 27/11/22 au 26/02/23 souhaite lever le voile sur les différentes facettes qui composent le parcours de Théophile Jean Delaye. Tout à la fois militaire, scientifique, alpiniste, artiste et illustrateur, il a, comme Hubert Lyautey, consacré la plus grande partie de sa vie au Maroc.

En résonance, le Mucem et la Fondation Jardin Majorelle présentent au Musée Yves Saint Laurent de Marrakech une exposition retraçant le parcours de l’artiste au Maroc.

Mais selon Michel Seux-Delaye, petit-fils de Théophile Jean Delaye -membre de la Fondation Lyautey-, l’exposition de Valence plus complète, est d’une richesse documentaire exceptionnelle voulue par la famille et les préteurs, que le Maire de Valence Nicolas Daragon et la directrice du Musée de Valence Ingrid Jurzak saluent également. Présence remarquée lors du vernissage,  le colonel Erwan Marçais, chef de corps du 1er régiment de spahis de Valence, héritier du régiment de marche de chasseurs indigènes à cheval (RMCIc) créé par Lyautey au Maroc en août 1914.

L’exposition temporaire est assortie d’une belle programmation entre atelier cartographique, théâtre de rue, jazz, lecture de paysage, ateliers enfants, visites commentées et conférence « une vie en oeuvre » le jeudi 16 février à 18h30 en présence de Michel Seux-Delaye -petit fils de Théophile-Jean Delaye.

Michel Seux retrace pour nous les liens qui unirent son grand-père au Maréchal Lyautey. Michel Corréard, ami de Michel Seux, l’a beaucoup aidé pour les expositions de Valence et de Marrakech.

Article de Martine Cornevaux le 27/11/2022
Membre du Conseil d’administration de la Fondation Lyautey

Œuvres exposées

Massif du TOUBKAL 1936, encre sur papier calque
Souk à Fès, gouache sur papier

Le 19 octobre 1922, le Maréchal Lyautey, alors Résident Général de France au Maroc, était invité au premier coup de pioche de la fondation du Mihrab (niche dans la muraille indiquant la direction de La Mecque) de la Mosquée de Paris. Son discours, dont le texte figure dans le bulletin « Présence de Lyautey » de juin 2003, « demeure si actuel qu’il mérite d’alimenter les réflexions », écrivait alors le Colonel Geoffroy. Il ajoutait un rappel historique sur la genèse du projet et le rôle éminent joué par le Sultan Moulay Youssef, lequel a inauguré la mosquée les 15 et 16 juillet 1926, avant d’aller rendre visite au Maréchal Lyautey dans sa propriété de Thorey le 18 juillet 1926.

Nous souhaitions célébrer le centenaire de l’évènement par un colloque rassemblant des historiens et personnalités. Dans cette optique, le texte du discours a été remis aux responsables de la mosquée. Par ailleurs, l’Académie des Sciences d’Outre-Mer a été associée à la commémoration. Finalement, le Président de la République a tenu à célébrer lui-même l’évènement et est venu le 19 octobre à la mosquée où il a prononcé un discours et inauguré une exposition « 1922-2022 : Premiers regards, première pierre ». Notre Fondation était représentée à cette cérémonie. Le discours fondateur de Lyautey a été cité à plusieurs reprises par le Président de la République et les différents intervenants. Des extraits figurent sur les panneaux de l’exposition.

C’était notre objectif.

Quant à la journée d’étude initialement programmée, elle a bien sûr été reportée. Nous envisageons toujours de l’organiser à une date et dans un lieu à définir afin de commémorer l’évènement dans un cadre historique et scientifique en rappelant les valeurs du Maréchal Lyautey et son rôle éminent dans ses rapports avec l’Islam et avec le Maroc aux côtés du Sultan Moulay Youssef.

Claude Jamati, président de la Fondation.

Célébrations de Lyautey à Casablanca et Rabat

Plusieurs évènements « Lyautey » ont été organisés lors des Journées du patrimoine de Casablanca en mai 2022 avec un auditoire attentif et intéressé :

– une conférence par Serge Mucetti, Consul Général de France, sur la statue équestre de Lyautey dans les salons du Consulat le 12 mai,

– une déambulation le 13 mai, organisée par le Consulat Général avec le soutien des guides de Casamémoire à partir de Bab El Marsa, célébrant le 110ème anniversaire de l’arrivée de Lyautey à Casablanca. « La porte de la marine » donne encore de nos jours accès à la pittoresque médina.

Centenaire du lycée Lyautey

Le lycée Lyautey de Casablanca, principal lycée français dans le monde (8600 élèves), a commémoré son centenaire le 13 mai 2022. Chaque année, nombre de ses élèves intègrent nos grandes écoles. Mohamed Berrada, ancien ministre des Finances et ancien ambassadeur du Royaume du Maroc à Paris, Ahmed Mernissi, Président de l’Association des anciens élèves (plus de 30 000), Olivier Brochet, directeur général de l’AEFE (agence pour l’enseignement français à l’étranger) et Serge Mucetti, consul général de France à Casablanca sont intervenus au cours des cérémonies qui ont été suivies d’un diner de gala où notre Fondation a été citée plusieurs fois. Hélène Le Gal, ambassadrice de France au Maroc, était présente au diner.

Canonisation de Foucauld

Le 15 mai, jour de la canonisation de Charles de Foucauld, une messe a été célébrée à l’église de Mohammedia. Claude Jamati, Alain Vauthier et Serge Mucetti représentaient la Fondation.

Discours de Serge Mucetti pour l’occasion

« A Rome, en ce moment même, se déroule la messe de canonisation de Saint Charles de Foucauld. Avec le Père Julien, il nous a paru approprié de célébrer cet événement de façon quasi-simultanée, pour rendre hommage à celui qui a marqué de son empreinte indélébile nombre d’esprits, tant en France qu’au Maroc.

Après avoir mené la vie brillante et dissolue d’un jeune aristocrate, officier de cavalerie, fortuné, Charles de Foucauld avait trouvé le chemin de la foi et de l’anéantissement dans le service des plus pauvres, dans un dénuement recherché avec ferveur, marchant, sans le savoir encore, vers un martyre qu’il aurait ardemment désiré s’il n’avait pas eu crainte qu’on y décèle une marque d’orgueil.

Je ferai, à mon tour, preuve d’humilité en m’effaçant devant le jugement d’un autre cavalier auquel il leur aura suffi de cinq rencontres, pour bâtir avec ce saint du désert, une relation pétrie d’admiration et de respect mutuel.

Lyautey s’en souviendra lorsque le 30 décembre 1922, il y aura bientôt cent ans, il inaugurera le monument érigé à la mémoire de Charles de Foucauld, monument que nous venons de retrouver et de faire dégager dans le parc de la Ligue arabe.

Des mots qu’il prononça alors, j’ai retenu deux passages que je vous livre :

« C’était en 1903. Je venais de prendre le commandement du Sud-Oranais à Aïn-Sefra. J’avais connu Foucauld vingt ans auparavant, Il était alors lieutenant de houzards dans la province de Constantine, et moi à Alger… Et, mon Dieu, nous étions tous les deux lieutenants de houzards. Et il était-un joyeux compagnon.

J’avais eu ensuite, au loin, en Extrême-Orient, à Madagascar, de vagues échos du changement de sa vie. Mais, en débarquant sur le sol d’Afrique, je venais de m’initier à ses admirables travaux, à son livre, et j’avais appris ce qu’il était devenu. Nous ne nous étions jamais revus. J’étais à peine depuis quelques jours à mon commandement quand le Père de Foucauld y passa, venant du Sud. Il resta trois jours à Aïn-Sefra, voulant bien accepter d’être mon hôte, partageant notre table dont les convives étaient (…), tous gais compagnons, pleins d’entrain, Certes, nous ne nous lassions pas de faire appel à sa documentation sur le Maroc, sur les problèmes africains. Mais, trois jours durant, on ne peut pas ne parler que d’affaires sérieuses, et, dans la liberté des propos de table, on oubliait parfois que le Père de Foucauld n’était plus le lieutenant de Foucauld. Lui ne semblait nullement s’en formaliser. Il ne se refusait pas à sourire ni à tremper ses lèvres dons la coupe de Champagne placée devant lui. Je le revois même demandant (…) de lui rejouer tel air de piano. Et je me disais, à part moi : « C’est un Saint, c’est entendu, mais, il n’est pas fâché tout de même de se détendre un peu parmi les vieux camarades ». Oui, mais, au moment où il partait, je recevais un télégramme m’annonçant d’Alger la venue d’une caravane de touristes qui arrivait dans une heure. Et je dis à mon ordonnance de se hâter pour tout remettre en ordre dons la chambre du Père de Foucauld. — « Mais, mon général, il n’y a rien à y faire. Il n’a touché à rien. Le lit n’est même pas défait. Pendant les trois nuits, il a couché par terre, sur la dalle, dans son burnous. » — Je compris

alors avec quelle discrétion et quelle réserve il avait tenu avant tout à ce que sa présence à notre table ne gênât personne, mais qu’il jugeait que cette infraction passagère et involontaire à sa règle de vie imposait à sa conscience ce redoublement d’austérité. »

En janvier 1905, le Père de Foucauld vient à peine d’achever de bâtir de ses mains. Lyautey qui vient le voir à Beni-Abbès, raconte :

« C’était un dimanche, et je savais que nous ne pouvions lui faire de plus grande joie que d’assister à sa messe. Cette chapelle était une pauvre masure aux murs de toub, au sol en terre battue. Il y avait là quelques Arabes, venus non pas pour se convertir, — il s’abstenait rigoureusement de toute pression directe à cet égard, — mais attirés par sa sainteté. Et, devant cet autel, qui n’était qu’une table en bois blanc, devant ces vêtements sacerdotaux d’étoffe grossière, ce crucifix et ces chandeliers en étain, devant toute cette misère, mais aussi devant ce prêtre en extase offrant le sacrifice avec une ferveur qui emplissait le lieu de lumière et de foi, nous éprouvâmes tous une émotion religieuse, un sentiment de grandeur que nous n’avions jamais ressentis au même degré dans les cathédrales les plus somptueuses, en face de la pompe des offices solennels.

Par-delà les humbles murs de terre, au-delà de ces quelques musulmans venus spontanément s’associer à la prière, c’était la vision de l’immensité saharienne, de ce Sahara dont les dunes fauves venaient, comme des vagues, battre le seuil même de la chapelle, et sur lequel il régnait vraiment par la force de cette prière, de ses vertus, de son sacrifice, y faisant bénéficier la France de l’amour et du respect qu’il inspirait. »

Lyautey et de Foucauld se verront encore à deux reprises en novembre 1906.

Les deux hommes avaient des vies contrastées mais toutes deux transcendées par l’idéal de servir, l’un son pays, l’autre les plus humbles. L’un avait la passion du commandement, du faste et de l’action, l’autre de l’obéissance absolue à Dieu, de l’humilité et de la prière. L’un était mondain, l’autre était ascète. L’un était flamboyant, l’autre qui débordait de charité écrira : « Désirant être ignorés, méprisés, être un néant aux yeux du monde ; Et si vous êtes à la première place, soyez à la dernière par l’esprit, par humilité, occupez-la en esprit de service, vous disant que vous n’y êtes que pour servir les autres… »

On sait que Lyautey avait très tôt pris ses distances avec la foi chrétienne de sa jeunesse qu’il ne retrouvera que sur le couchant de vie. Nul ne sait si le commerce de Charles de Foucauld a eu une influence sur son parcours spirituel.

Ce qui est certain c’est qu’ils ont partagé une passion pour cette terre d’Afrique du Nord, pour le Maroc qu’ils ont l’un et l’autre parcouru.

L’un était l’égal de Scipion, l’autre était l’Apôtre du Sahara. »


Rencontres à Rabat

Claude Jamati et Alain Vauthier ont mis à profit leur présence sur le sol Chérifien pour tenir des réunions de travail à Rabat avec notamment :
– le Professeur Mohamed Kenbib, directeur de l’Institut Royal pour la Recherche sur l’Histoire du Maroc, située dans l’Académie du Royaume du Maroc,
– Amina Benkhadra, ancienne Ministre de l’Énergie et des Mines et Présidente d’honneur des étudiants marocains de Nancy,
– Jamaâ Baida, Directeur des Archives du Maroc.

Inauguration de la Salle Lyautey au Consulat Général de France à Casablanca

Le 14 juillet, dans le cadre de la célébration de la fête nationale au consulat général de France, était inaugurée la salle Lyautey, pour commémorer le centième anniversaire de la remise du bâton de maréchal par Alexandre Millerand, président de la République, au domicile de Lyautey, 5 rue Bonaparte. Le Maréchal, cloué au lit par une crise hépatique, n’avait pu se rendre à Longchamp pour la cérémonie officielle.

Discours de Serce Mucetti à l’occasion de l’inauguration de la Salle Lyautey

« Après Joffre, Foch (6 août 1918) et Pétain (21 novembre 1918), Lyautey est le quatrième des huit maréchaux de la Grande Guerre.

Il est nommé avec Franchet d’Espérey et Fayolle par trois décrets datés du 19 février 1921, publiés le lendemain au Journal officiel, celui de Lyautey en première position. Suivront, à titre posthume, Gallieni désigné le 7 mai 1921 et Maunoury le 31 mars 1923.

La dignité de maréchal de France qui n’est plus conférée depuis la chute du Second Empire est rétablie durant la Grande guerre, de façon presque théâtrale. Aristide Briand, président du conseil, et Raymond Poincaré, président de la République, la rétablissent en décembre 1916 pour consoler Joffre de son éviction de la fonction de généralissime et de son remplacement par Nivelle. Lyautey est impliqué puisqu’il lui revient, en sa qualité de ministre de la guerre nouvellement nommé, de l’annoncer à Joffre et de contresigner le décret du 26 décembre 1916 qui le crée maréchal de France. Il est ainsi le ministre de la guerre qui a restauré la dignité de maréchal et avec elle la tradition de la remise du bâton de commandement.

Car tout nouveau maréchal reçoit, sauf évidemment s’il est nommé à titre posthume, un bâton de commandement remis par le président de la République.

Nommés en même temps, Lyautey, Franchet d’Espérey et Fayolle doivent, dans cet ordre, recevoir leur bâton de maréchal des mains d’Alexandre Millerand, président de la République, lors de la revue du 14 juillet 1922, à Longchamp. Mais Lyautey est souffrant. Immobilisé par une crise hépatique et ne pouvant se déplacer, il ne peut participer à la cérémonie. C’est donc à son domicile, 5 rue Bonaparte, que, le même jour, il reçoit, alité, son ami Alexandre Millerand, venu lui remettre son bâton de maréchal, comme Lyautey le raconte lui-même : « C’est aussitôt après mon arrivée à Paris, le 7 juillet, que je ressentis la première atteinte sérieuse de l’affection du foie qui devait me frapper si gravement l’année suivante. Je fus immobilisé pendant plusieurs semaines, hors d’état d’aller, le 14 juillet à la Revue de Vincennes pour y recevoir, des mains de M. le Président Millerand, le bâton de Maréchal qu’il voulut bien m’apporter sur mon lit. »

Cette cérémonie insolite qui demeure unique en son genre est décrite par tous les grands organes de presse de l’époque : Le Figaro, Le Gaulois… Voici comment Excelsior la présente le 15 juillet 1922 : « A 15h30, le président de la République, accompagné de M. Maginot, était reçu par Mme la maréchale Lyautey, par M. Piobb, chef-adjoint de cabinet du maréchal, et les membres des cabinets militaire et civil. M. Millerand et le ministre de la guerre, furent conduits dans la chambre du maréchal, et, après quelques mots de félicitations et des souhaits de prompt rétablissement, le président de la République remit au résident général du Maroc, son bâton de maréchal. Peu après, il prenait congé de lui et regagnait l’Elysée. »

Le bâton de maréchal de Lyautey est, avec celui de Fayolle, exposé au Musée de l’armée dans la même vitrine que ceux de Foch, Joffre et Pétain.

En souvenir de cet événement, j’ai décidé de donner le nom de cette salle complètement rénovée, le nom de : « LYAUTEY » et de l’inaugurer aujourd’hui, un siècle jour pour jour après cette cérémonie, en présence de M. Claude Jamati, Président de la Fondation Lyautey que je remercie de sa présence et de m’avoir fait l’honneur de m’accueillir au conseil d’administration de la Fondation.

Le nom de Lyautey est indissociable de Casablanca. Je lui laisserai donc le mot de la fin. Le 14 avril 1921, de retour de France après sa promotion de maréchal de France, remerciant la communauté française

de son accueil, il exprime l’affection qu’il a pour cette ville qu’il a en grande partie créée : « Quelle place tient notre Casablanca dans mes préoccupations et mon affection, il est vraiment superflu de le dire puisque, depuis neuf ans, il ne s’y pose pas un moellon, il ne s’y ouvre pas une voie dont je ne suive la naissance avec, si j’ose dire, un amour paternel. »

Inauguration de la Salle Lyautey consulat général de France Casablanca

SALLE LYAUTEY
INAUGUREE LE 14 JUILLET 2022
PAR M. CLAUDE JAMATI, PRESIDENT DE LA FONDATION LYAUTEY

ET M. SERGE MUCETTI, CONSUL GENERAL DE FRANCE A CASABLANCA

EN MEMOIRE DE LA REMISE DE SON BATON DE MARECHAL PAR M. ALEXANDRE MILLERAND, PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE

LE 14 JUILLET 1922

Ont participé à ce documentaire de 52 minutes : France 3 Grand Est, le Réseau des Télévisions du Grand Est (RTGE) et le Centre National du Cinéma et de l’Image animée (CNC). Strasbourg Eurométropole, la Région Grand Est ainsi que le Ministère des Armées par le biais de la Direction des Patrimoines, de la Mémoire et des Archives (DPMA) ont soutenu le film.

L’avant-première, suivie d’un débat a eu lieu au cinéma Star à Strasbourg le 10 mai 2022. Ce fut l’occasion pour Claude Jamati, notre Président, et Alain Vauthier, notre Secrétaire Général et vice-Président, de rencontrer Driss El Kaissi, Consul Général du Royaume du Maroc à Strasbourg, qui a assisté à l’avant-première.

Le film fut diffusé sur les chaines locales du Grand-Est le 12 mai 2022. Plus d’infos sur le site du producteur Real Production, VOD et DVD disponibles sur le site Capuseen.

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